Krzysztof Mrozek : "Une âme de pédagogue"

4 avril 2011 - 13:07

Article de l'Echo républicain paru le 04 avril 2011 (David Berthélem)

Modèle de fidélité après 15 ans au club chartrain de volley, Krzysztof Mrozek est surtout un personnage attachant. Avec un parcours très singulier, marqué par son pays natal, la Pologne, et la France.

Krzysztof Mrozek aime le volley et la Nature « avec un grand N ». (Photo Anne-Sophie Pichard)A Chartres, Krzysztof Mrozek est au volley-ball ce que le Pape est au catholicisme : une icône. A bientôt 45 ans, l’entraîneur joueur polonais du Chartres VB a assuré samedi dernier le maintien du club en Nationale 3. Une véritable performance au vu des moyens dont le club dispose. A des années lumière de ses homologues du basket, handball ou football. Mais, l’homme, sage et pédagogue, a appris à relativiser.

Krzysztof, quel regard portez-vous après ces quinze années de présence au club ?
Je suis avant tout nostalgique des grandes heures du Chartres VB. Lorsque nous avons obtenu la montée en Nationale 2 en 1996, nous étions en avance. Nous étions le club le mieux placé dans la hiérarchie départementale, voire régionale. Aujourd’hui, notre quotidien est beaucoup plus difficile. Avec une rotation sur nos salles d’entraînement et l’obligation de me déplacer toute la semaine avec le matériel. A Chartres, je suis connu comme “l’homme au sac rempli de ballons”. Malgré cette difficulté à exister dans le paysage sportif de la ville, je suis heureux d’avoir contribué à bâtir l’histoire du club. Avec ses hauts et ses bas.

« Une enfance heureuse »

Parlez-nous de votre parcours, avant l’arrivée en France...
Mon arrivée est le fruit du hasard. J’étais alors professionnel et professeur de sports à l’université. C’est une visite chez un ami installé en France qui a fait que le pays m’a plu et que je suis resté. Pour en revenir à mon passé, je suis issu d’une famille modeste d’un village situé à 100 km au sud-est de Cracovie, Gorlice. J’ai reçu une éducation stricte, mais j’ai connu une enfance heureuse.

Une éducation marquée par les valeurs catholiques ?
Les choses ont bien changé en Pologne depuis 20 ans. Mais dans les années 70, celles de mon enfance, la religion était très présente. J’allais tous les dimanches à la messe, j’étais enfant de choeur. A cette époque, mes parents m’ont communiqué le goût de l’effort, l’idée que tout succès demande de la patience et du travail. C’est aussi pour cela que je suis devenu enseignant (ndlr : professeur de sport au CFA Les Chaises) et entraîneur. L’éducation, c’est essentiel pour moi. J’ai une âme de pédagogue. C’est ce qui fait que je me suis autant investi dans la formation depuis 15 ans.

Des valeurs qui ont façonné votre personnalité ?
Bien évidemment. Chaque matin, je me regarde dans la glace. J’ai besoin d’être en accord avec moi-même, de ne rien avoir à me reprocher. De ne pas avoir fait de mal à qui que ce soit. J’ai donc de grands moments d’introspection : plaquer ma tête contre la vitre froide lors d’un trajet en train et regarder défiler le paysage ou encore observer pendant trente minutes mon aquarium après une longue journée de stress...

Vous êtes donc “ aquariophile ” ?
On peut le dire. Cela fait maintenant 30 ans que j’ai un aquarium à la maison. Mais attention : pas avec le poisson rouge qui tourne en rond dans un bocal ! Outre les vertus apaisantes du monde de Némo, je trouve ça simplement beau. Je trouve d’ailleurs dommage que les gens se ferment à cette passion sous prétexte qu’elle demande trop d’entretien. Avoir un aquarium, c’est en fait peu contraignant. Changer un tiers de l’eau tous les deux mois et favoriser les végétaux naturels, pour que la photosynthèse opère. Et là, votre aquarium reste propre !

Comment vous est venue cette passion ?
Cela me vient de très loin. J’étais alors à l’école primaire quand une vieille femme m’a fait partager sa passion. Elle avait des aquariums immenses chez elle et les vendait à condition que l’acheteur promette de prendre soin des poissons. Mon premier, je l’ai acheté pour 5 zlotys (environ 1, 50 ). Cet argent, je l’avais obtenu en vendant des autocollants Coca-Cola. Le principe était simple : j’écrivais au siège pour vanter les mérites de leurs produits et on m’adressait des autocollants en retour... Après débutait le “business” avec les copains !

« Plus chauvin qu’un Français de souche »

Vous avez d’autres passe-temps ?
Disons que je suis très proche de la nature. J’aime les grands espaces, les bords de l’Eure dans le bas de Chartres. Marcher pieds nus dans l’herbe, parcourir les parcs de la ville en courant avec mon lecteur MP3 et mon casque sur les oreilles. C’est pour cette raison que je voue un véritable culte aux Indiens d’Amérique, pour cet amour démesuré pour la Nature, avec un grand N, cette simplicité. Leur folklore, leur musique...

La musique semble occuper une place privilégiée dans votre vie. Qu’écoutez-vous ?
Comme beaucoup de monde, je suis resté bloqué sur les rythmes de ma jeunesse : cela tourne beaucoup autour des années 80. Et j’ai des goûts relativement hétéroclites : de Phil Collins à Tina Turner, en passant par Lionel Richie pour la variété anglo-saxonne, à Piasek, Perfect ou Maanam pour les artistes “de chez moi”.

Vous avez obtenu la double nationalité en 2000, quelle est votre identité ?
Je me sens Polonais. J’ai besoin de retourner en Pologne deux mois chaque année. Avec mes deux enfants (ndlr : Kristina et Raphaël, joueurs de... volley), je parle le plus souvent en Polonais. Mais lorsque je retourne là-bas, je suis plus chauvin que n’importe quel Français de souche. Je défends “mon” pays bec et ongles.

Un dernier mot sur vos enfants, qui marchent sur vos traces...
Je leur ai communiqué le virus du volley très tôt. En ce qui concerne Raphaël (ndlr : joueur professionnel en Ligue A à Nice), c’est quelque chose de magique d’avoir pu jouer avec lui il y a quelques années. Je suis très “famille” et c’est vrai que j’ai besoin de l’avoir au téléphone pratiquement tous les jours. Kristina appartient au Pôle espoirs de l’équipe de France de Châtenay-Malabry mais elle rentre chaque week-end, c’est donc différent. Mais son départ définitif de la maison s’annonce difficile pour moi !

 

 

Propos recueillis par David Berthélem

Commentaires

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